Interdit aux corbeaux - Ferme de Videau

En imper, Noël

Semaine du 17 au 23 décembre 2018

Lundi, alerte aux fèves! Au détour d’un contrôle visuel de routine sur les rangs tout juste éclos de légumineuses, je constatais qu’un sale animal avait déterré quelques plantules pour en bouffer la graine. Contrarié dans mon emploi du temps, je demandais conseil à notre voisin Garonnais qui désigna les corbeaux comme coupables idéals, et me procura des petits arceaux et un vieux voile de forçage. Je dus me dépêcher de mettre en place une protection, glissant, pataugeant, suant pour décoller de la pelle des mottes de terre humide. C’est qu’à 14h, j’avais rendez-vous à l’autre bout du département avec une bande de maraîchers petite surface, pour la première réunion d’un groupe qui avait décidé de se serrer les coudes et s’échanger les tuyaux. L’union fait la force, et les corbeaux, parmi les plus intelligents spécimens du règne animal, le savent bien. Maudits piafs!

Voile de forçage sur fèves - Ferme de Videau
Les fèves protégées des corbeaux

Pendant ce temps, Laëtitia se trouvait à Paris, pour la première partie d’une formation massage Amma assis. Cette formule a plusieurs avantages: la séance est courte (1/4 d’heure environ), on s’assied et on garde ses vêtements. Une efficace pause de relaxation qui rencontre beaucoup de succès dans les entreprises, et aussi sur les salons bio et bien-être, et une nouvelle corde à l’arc de mon amazone. De mon côté, je croyais me détendre en m’attaquant à la planification des cultures pour la saison prochaine: j’établissais un plan de rotation et listais les espèces sous tunnel pour lesquelles j’allais acheter des plants: aubergines, haricots à rame, concombres, courgettes, melons, poivrons, piments et tomates anciennes. Je décomposais ma liste en variétés: tomate Green Zebra, melon Cyrano, aubergine Black Beauty… en m’autorisant quelques hybrides F1, histoire d’amortir mes erreurs de débutant. Ne restait plus qu’à établir un calendrier de plantation, et j’allais avoir besoin de quelques conseils. À suivre.

L’invitation à dîner chez les amis de la Maison Forte à Monbalen tombait à pic pour me changer les idées. Outre Philippe et Bruno, parrains de ce journal, je sympathisais avec Juliette et Hugo, deux autres têtes bien faites, pleines de projets pour la revitalisation de leur coin de campagne. On portait un toast au changement, lequel transiterait forcément par ce point tellurique qu’est la Maison Forte. Ce lieu de rencontre dont, ami lecteur, je t’ai déjà parlé. Et où je t’engage à courir. Pour ton salut! À mon retour, je chargeais 28m de bâche plastique verte, dernière pièce d’un nouveau tunnel destiné à stocker du matériel. Rentrée de sa formation, Laëtitia m’aida à installer cette couverture, tendue par de la ficelles selon la même technique que pour les tunnels de culture. On commençait à avoir l’habitude! Ce nouveau hangar était promptement terminé et le déménagement du capharnaüm allait pouvoir commencer.

Tunnel de stockage - Ferme de Videau
Un nouveau tunnel de stockage

Laëtitia repartait aussitôt au charbon: rendez-vous massage à domicile chez d’anciens et de nouveaux clients, son agenda se remplissant plutôt bien pour un deuxième mois d’activité. Quelques commandes de bons cadeaux tombèrent. De mon côté, je commençais à aménager des buttes de culture sous les tunnels. Puis je rejoignais le voisin Yves à la haie d’acacias. J’abattais deux arbres et les débitais en quatre fûts à peu près rectilignes. La clôture du verger aux tulipes de Villebramar laissant à désirer, il fallait intervenir: le lendemain, Florent du CEN Aquitaine (à qui appartient le verger) et moi-même assistions Daniel, bûcheron de Verteuil, dans l’installation de ces quatre nouveaux poteaux en acacia. Daniel reviendrait pour les portails en bois. Et me livrerait une remorque de vieux fumier de ses vaches de race ancienne. Pour l’heure, un copieux déjeuner (soupe, plat, fromage, dessert) nous attendait chez Yves.

Côté grange, ça bougeait pas mal, dans le bon sens du terme. La toiture était complètement stabilisée suite à un fâcheux événement. Les poteaux étaient maintenant étayés et raccourcis, le charpentier avait ensuite coulé d’élégants plots béton de ciment blanc. En attendant que ça sèche, on digérait la facture. Le futur gîte n’existait encore que sur le papier, mais sa charpente en avait déjà fait notre premier poste de dépense. En cadeau, l’artisan me proposa d’utiliser son chariot élévateur pour mettre hors d’eau le tronc d’un douglas abattu dans le jardin. On suréleva sur des cales la bille de bois, que j’écorçais ensuite proprement, pour prévenir l’arrivée d’insectes xylophages. C’est qu’il flottait. Et c’est chaussés de bottes et en imper qu’on reçut pour ce week-end la visite de Christelle, amie parisienne rencontrée à la formation massage et en quête d’un coin de Sud-Ouest avec vue sur les Pyrénées pour un nouveau départ, et de Val et Samuel (et leurs enfants), sur la route des vacances. Des primo-arrivants à la ferme de Videau qui colporteront, on l’espère, notre devise hivernale dans le reste du monde: tant qu’il y a de la boue, y a de l’espoir!

Et justement, en cette veille de Noël, notre campagne de financement participatif a passé la barre des 6000€. Alléluia! On y croit, vous êtes formidables.

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