Tendon - Ferme de Videau

Sale temps pour les tendons

Semaine du 14 au 20 janvier 2019

Toujours pas beaucoup de pluie cette semaine. Régulièrement, on jetait un coup d’œil au niveau du lac: ça ne montait pas, ça baissait! Et pourtant toujours cette ambiance humide, le sol qui colle aux basques et qui contrarie le travail au jardin, et ce front gris permanent qui fout le cafard. On pataugeait donc un peu en balançant dans les fèves quelques grammes d’anti-limace, à défaut d’avoir pu mettre en pratique les recommandations d’Hervé Coves. Heureusement, le temps restait sec sous les tunnels et je pus, armé d’une pelle et d’un cordeau, faire avancer pendant deux demi-journées l’aménagement de buttes de cultures en prévisions des première plantations en mars. Jusqu’à ce qu’une violente tendinite, peut⁻être liée à l’humidité, m’obligea à mettre mon poignet droit au repos forcé, sabordant mon bel agenda.

Rangs de fèves - Ferme de Videau
Beaux rangs de fèves malgré les limaces

Lundi, le charpentier vint retirer les étais qui soutenaient les poteaux de la grange. Les plots béton étaient secs, les voyants signalant le chantier gîte repassaient au vert. Je passais enfin commande de plants maraîchers, groupés avec ceux du voisin Garonnais qui, bien qu’à la retraite, se préparait à planter davantage de melons que moi. Laëtitia se rendait au domicile de deux clients. En tout, elle pratiqua une demi-douzaine de massages dans la semaine. Et consacra 51 heures à la garde d’enfants, ponctuées de ménages, chez un couple du voisinage. Nuit comprise. Je menais la grande vie de célibataire, débarquant mercredi soir à l’heure de la Suze chez le voisin Yves (bientôt 87 ans) qui sautait sur l’occasion pour m’inviter à dîner.

Handicapé du bras droit, je ne trouvais pas grand réconfort dans une séance en urgence chez un ostéopathe du coin, et je me consacrais sagement à l’animation de notre campagne de financement participatif dont la cagnotte avait dépassé les 10000€, essentiellement grâce à nos proches malgré une double publication dans les journaux locaux. Nous étions très chanceux, mais 15 jours nous séparaient encore de l’objectif et on pouvait faire encore mieux. Je m’attelais aussi, mais sans conviction, à la recherche sur Le Bon Coin de matériel de récolte d’occasion (caisses, brouettes…), et à l’établissement d’un devis pour la fourniture de barres de culture en acier pour les tunnels. Un autre devis, celui d’une pompe électrique pour l’irrigation, réclama ma présence à Marmande.

Au retour, je mettais la main sur une balance poids/prix qui m’accompagnerait sur les marchés, mais il s’avéra que l’impression du ticket était défectueuse. Je louais les joies de l’occasion, avec une pensée pour mon vieux motoculteur. Celui-ci était maintenant opérationnel, mais au prix de telles pétarades que je demandais à mon voisin mécano d’y jeter un œil. Il enleva d’office l’engin pour une révision complète.

Samedi, enfin, nous déchargeâmes nos esprits préoccupés par le casse-tête de la planification et l’accumulation des tracasseries à l’occasion d’un dîner chez nos amis Delphine et Nico à Saint-Eutrope-de-Born. Lui s’apprête à devenir paysan-boulanger, et ils vivent désormais dans une maison entièrement rénovée (parfois en chantier participatif, dont nous fûmes) avec des techniques écologiques: poêle de masse, isolation paille et ouate, enduits terre, etc. Un rêve de sophistication rustique que nous nous empressâmes de jalouser. Et de lever nos verres: à la santé de l’effondrement qui vient, cher au chercheur Pablo Servigne, et des façons de s’en accommoder, à nos projets intrépidement optimistes! Heureusement, malgré mon tendon douloureux, j’arrivais encore à lever le coude.

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