Viande rouge et gilets jaunes

Saucisses brebis bio - Ferme de Videau

Semaine du 19 au 25 novembre 2018

Cette semaine, nous avons créé une page pour le lancement prochain de notre campagne de financement participatif, prévu de longue date. À ce stade, notre budget travaux est presque épuisé, mais l’aménagement du gîte rural et l’équipement de maraîchage, préalables au démarrage de nos activités professionnelles, nécessitent encore une mise de fond importante. Il a donc fallu réunir de nombreuses photos et rédiger une belle présentation, puis mettre au point une liste de petits cadeaux, en contrepartie de la généreuse contribution des participants. Nous sommes dans les starting-blocks, nous espérons que nos fidèles soutiens le sont aussi. Par la même occasion, nous avons essayé de montrer au plus grand nombre notre petit film de la ferme, un survol en drone de mon cousin Alexandre Mauric, mis en musique par Clément Vallette et monté par mon frère Pascal, histoire de donner un aperçu concret de notre petit paradis et susciter un maximum d’empathie. Merci à eux!

On masse salarial

En marge d’une nouvelle série de rendez-vous plus ou moins encourageants avec des propriétaires de gîtes ruraux intéressés par une prestation massage bien-être dans leurs packs séjour, Laëtitia a vendu son premier abonnement pour 10 massages à une habitante de Montastruc. Mais deux messages sponsorisés sur Facebook et 1500 flyers plus tard, il faut bien reconnaître qu’à part ça la clientèle ne se bouscule pas au téléphone. Laëtitia s’est donc penchée sur les petites annonces pour baby-sitters en vue d’améliorer l’ordinaire d’une activité dont la réputation n’est pas encore faite, avec en ligne de mire la fin des droits au chômage. Sur fond de grogne sociale en gilet jaune, elle préférait miser sur la précarité du chèque emploi service et de nouveaux déplacements automobiles, là où un hypothétique poste salarié (mais notre département n’est pas précisément un bassin d’emploi), même à temps partiel, aurait trop contrarié le planning de son activité indépendante.

On masse cardiaque

En bons citoyens, nous nous rendîmes à une réunion d’information sur l’utilisation du défibrillateur municipal par deux pompiers volontaires de Tombebœuf. L’occasion de se rappeler les gestes qui sauvent: la mise en place des électrodes, le massage cardiaque… et la découpe du panetonne pour la collation. J’en profitais pour héler le peuple de Villebramar venu civiquement assister à cette réunion, dont les propriétaires du regretté restaurant Les Ganivelles, un fan de whisky et de Metallica, ainsi qu’une belle proportion d’anglais, et je nous présentais Laëtitia et moi, ainsi que les détails de notre projet.   

Faugétariens

Côté ventre, on inaugurait la cuisson longue sur le poêle d’un chili sin carne avec les légumes (navets, céleri branche, carottes) du voisin Garonnais et nos conserves de tomates. Mais, faux végétariens, on se précipitait aussi sur les merguez du couscous dominical, issues d’un lot de viande de brebis bio de notre copine Sabine Grossia à Tombebœuf que l’arrivée récente du congélateur nous autorisait à acheter. On ne touchait pas aux poireaux que j’avais planté assez tard pour la saison, et que j’achevais d’habiller pour l’hiver en les paillant d’un mélange de feuilles mortes de tilleul et de noisetier. Je constatais des dégâts causés sans doute par un parasite: la teigne du poireaux. Le mal était fait et les premiers froids avaient eu raison de la bestiole, j’espérais donc que mes légumes conserveraient suffisamment de vigueur jusqu’au printemps et les quelques premiers clients, parmi lesquels je comptais désormais officiellement la fille du voisin Yves. Je semais aussi, en jour fruit, 5kg de fèves. Un passage de grelinette et de rotavator sur l’ancien emplacement des courges me permit d’inaugurer la nouvelle bougie du motoculteur, officiellement compatible avec son moteur Lombardini, lequel se comporta à merveille. J’aimais désormais mon engin comme un frère.

Poireaux bio paillage feuilles mortes - Ferme de Videau
Les poireaux habillés pour l’hiver

Bons tuyaux, pas toujours écolos

Nous effectuâmes un aller-retour à Agen, chargés de panneaux isolant en laine de bois excédentaires à rendre au magasin (y a pas de petits profits), avec en poche la liste de courses des deux prochains chantiers: couronnes de tuyau PER pour la plomberie du gîte rural, rouleaux de film plastique pour la couverture des tunnels de culture. On sortait allègrement des matériaux naturels! Hélas, une estimation du coût du cuivre pour la plomberie, ajouté à mon ignorance totale en matière de brasage,  donnèrent l’avantage à la tuyauterie plastique. Par ailleurs, un alignement de serres vitrées eut été du plus bel effet au milieu du pré (quoiqu’un rien sensible aux intempéries), mais c’était un luxe absolu que mon inconscient même ne me permettait pas de voir en rêve. C’est pourtant une serre de ce genre que je visitais chez les Barbot, un couple de maraîchers bio près de la retraite à Fongrave auxquels je rendis visite en fin de semaine. Un couple adorable d’origine bretonne dont j’écoutais le récit des débuts dans le métier, dont je notais les utiles recommandations et dont j’admirais la conscience écolo: mazette, les tuyaux des radiateurs en fonte de récup, du chauffe-eau domestique et de la serre à semis raccordés à la cuisinière à bois! Découvrir cette saine énergie et ce paisible engagement, encore une fois, me réconfortèrent: les paysans, ces gens biens!  

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