Le plein de bonnes nouvelles

Semaine du 28 janvier au 3 février 2019

Ça commençait par une visite au toubib pour ma tendinite. Je n’apprenais pas grand chose, mais j’avais désormais l’autorisation de me rendre chez un kiné et d’enfiler une attelle. J’étais toujours privé de travaux physiques pour la semaine, j”épluchais donc la liste toujours longue comme le bras des petites tâches d’ordre administratif, logistique ou purement cérébral, comme par exemple le visionnage sur YouTube d’une formation au maraîchage sol vivant par Laurent Welsch et Nathanaël Duranthon, passionnant exposé théorique et pratique qui allait m’aider à choisir l’itinéraire technique de mes légumes.

Laëtitia participait pour de vrai à la deuxième partie de sa formation de massage Amma assis. En son absence, je lançais l’ultime newsletter de relance de la campagne de financement participatif, qui se termine aujourd’hui dimanche avec 12300€ au compteur. On a vraiment été estomaqués par le nombre de soutiens que nous avons reçu ces dernières semaines. Les copains et les membres de la famille ont été au rendez-vous, ça fusait de partout, et nous recevions en plus des dons de chouettes messages d’encouragement qui nous mis en orbite pour la suite des événements. Merci, merci, merci! Dommage que la mayonnaise n’ait pas aussi bien pris au niveau local, malgré plusieurs relais grâce aux groupements d’agriculteurs, aux collectivités et à la presse régionale. Pas simple, quand on vient de faire irruption dans le paysage.

Retour mercredi, j’allais à Marmande y cueillir un sac de Patentkali (engrais potassique) pour l’ail, du terreau pour mes semis de basilic, et Laëtitia à la descente du train de Bordeaux. Le reste ne fut qu’une succession de rendez-vous manqués: avec le kiné, et avec la mairie de la commune voisine qui loue à Laëtitia une salle pour ses massages. Jeudi, Laëtitia retrouvait sa clientèle en manque de décontraction, dont la femme d’un couple venu spécialement d’Agen, à 1h de route. Je réclamais quelques devis: pompe et tuyaux pour l’irrigation, assurance pro et mutuelle. J’éclaircissais ma situation d’assuré social avec la MSA. Puis je filais récupérer des barres et des colliers en acier à destination des tunnels de culture. La pluie, qu’on attendait depuis un bail, commençait à dégringoler. Le lac allait pouvoir se remplir.

Vendredi, alertés par la montée soudaine du du niveau du lac, nous avons creusé, au péril de nos bottes, une tranchée de trop-plein qui soulagerait le poussif tuyau installé par l’entrepreneur du terrassement. Pas une mince affaire, de remuer cette glaise humide qui colle aux outils comme du fromage fondu. Toute la flotte du bassin versant a choisi de filer tout droit à travers le pré, pas assez enherbé pour éponger: c’est un véritable torrent de boue qui déborde l’inutile fossé de protection et file dans le lac. Malgré tout, c’est une bonne nouvelle. Depuis le temps qu’on attendait ça… Le lac est plein!

On enchaîna sur deux demi-journées d’installation des barres en acier sous les tunnels. Fixés d’un côté à l’autre des arceaux, elle deviendront le support des tuteurs à tomates, concombres et haricots, et de l’irrigation par aspersion. Travail du sol, fertilisation, irrigation… Tout devait être fin prêt avant la mi-mars pour les plantations, la pression commençait à monter. Ouf, on profitait volontiers d’une pause crêpes chez le voisin Yves, et on remettait ça le soir-même chez Sabine et Gildas. On lâchait du lest.

Et dimanche, on bronzait presque sous un soleil revenu, à tailler le cognassier qui fait traditionnellement office de borne à l’angle de la propriété. C’était du beau travail, puis je passais au buis. Je supprimais tous les rejets pour mettre le tronc en valeur, j’y allais un peu fort. Laëtitia en eut du chagrin. Mais enfin, on se réconciliait à l’idée de la glorieuse issue de notre campagne de financement participatif. L’achat de la pompe d’irrigation nous effrayait beaucoup moins. Il ne serait pas le seul investissement de ce début d’année, si l’on voulait récolter au printemps de beaux légumes. Beaux et généreux. Comme nos supporters, pardi. C’est bien le moins qu’on puisse faire pour leur prouver qu’ils avaient parié sur le bon cheval.

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